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Trois principes pour construire ensemble une alimentation durable dans un contexte de réchauffement climatique

Depuis janvier 2019, je travaille sur un projet baptisé Ekolo avec pour idée de départ de réduire l’impact environnemental lié à notre alimentation. Je me suis posé beaucoup de questions sur la notion d’impact environnemental. Comment concilier activité économique et impact environnemental positif ? Je détaille aujourd’hui le résultat de mes réflexions, développées en grande partie pendant le 1er confinement. Ces réflexions m’ont permis d’aboutir à la raison d’être de ce projet, au « pourquoi ». Je vous invite donc à poursuivre jusqu’à la fin de l’article pour découvrir cette ambition et peut-être même participer à l’aventure, car si une chose est sûre, c’est que j’ai besoin de vous ! 

La première question qui m’est venu est : comment s’assurer que son projet apporte bel et bien une solution au problème soulevé ? Je ne vais pas rentrer dans des calculs aujourd’hui, parce que j’en suis incapable (je n’ai pas assez de données à ce jour) mais je peux exposer le problème et la solution que je souhaite apporter en la basant sur des principes, qui sont eux-mêmes basés sur des observations scientifiques. De cette manière, je peux être certain d’apporter une amélioration au système actuel.

Premièrement, il convient d’exposer les problèmes auxquels je souhaite apporter une solution, quels impacts environnementaux je cherche à réduire. Je détaillerai ensuite les principes que je souhaite mettre en place pour y parvenir.

Avec Ekolo, je souhaite apporter une réponse efficace à trois problèmes majeurs :

- le réchauffement climatique

- la perte de biodiversité

- le plastique à usage unique qui pollue nos terres et nos océans

1) Le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est en route : nous sommes déjà à +1° et cela ne fait que commencer. Comme le préconise le rapport du GIEC, et sa synthèse pour les décideurs ici, si nous voulons limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici à 2100, ce qui aura déjà des impacts environnementaux colossaux et irréversibles,nous devons réduire nos émissions carbone d’environ 45% entre 2010 et 2030, puis atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Selon l’INSEE, l’empreinte carbone moyenne d’un Français est passée de 11,5 tonnes en 2010 à 11,2 tonnes en 2018, soit une diminution de moins de 3% en 8 ans. Ça laisse plus que rêveur. Il faut redoubler d’efforts si nous voulons limiter ce réchauffement.

Selon l’ADEME, le quart de nos émissions de carbone provient de nos assiettes. En agissant là où les émissions carbones sont concentrées, nous pouvons arriver plus rapidement à nos objectifs. Ainsi, diminuer les émissions carbones liées à notre alimentation apparaît comme une priorité. 

Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, le circuit de distribution devra réduire d’au moins 45% les émissions carbone par rapport aux émissions de la grande distribution. Comment ?

Principe n°1 : En luttant contre le gaspillage alimentaire (rencontre de l’offre et de la demande pour éviter la surproduction et donc le gâchis), en fonctionnant en circuit-court pour diminuer le nombre de kilomètres parcourus, en diminuant les temps de stockage dans la chaîne du froid pour limiter l’énergie dépensée liée au refroidissement, la solution apportée sera « bas-carbone » par rapport aux solutions de la grande distribution.

2) La perte de biodiversité

Le rapport Planète Vivante 2018 de WWF fait état d'une disparition de 60% de la population animale sauvage. C'est sans compter des millions d'espèces d'insectes et de végétaux qui sont en voie de disparition. Les services qu'ils rendent à la planète vont bientôt s'arrêter avec eux et sont déjà grandement diminués.

Il existe des méthodes pour continuer à produire tout en travaillant avec la Nature : permaculture, agroforesterie, agroécologie. La philosophie est toujours d'encourager au maximum les insectes, les oiseaux et autres espèces animales dans les cultures, pour éviter d'avoir recours aux pesticides, fongicides, et aux engrais.

Principe n°2 : afin de préserver et restaurer la biodiversité, encourager les pratiques agricoles telles que l'agroécologie ou l'agroforesterie qui préservent la biodiversité.

3) Le fléau du plastique et le recyclage

 

Selon une note de Zero Waste France 2018, une association luttant contre les emballages jetables et les déchets de manière générale, entre 150 000 et 500 000 T de plastiques terminent dans les océans chaque année.

Tout ce plastique va se désagréger au bout de dizaines d’années en une infinité de particules micro-plastique, ou sera ingéré entre temps par les animaux (sans parler de la pollution visuelle qui est déjà très problématique à elle seule). C’est vrai que le plastique c’est bien pratique, mais nous savons bien si nous y réfléchissons deux secondes, que ce n’est pas une solution sur le long-terme. Alors il faut tout simplement apprendre à s’en passer, surtout lorsqu’il est à usage unique.

De plus, pour tous ceux qui pensent que le geste du tri est suffisant, malheureusement ce n’est pas le cas. Le plastique se recycle très mal et il n’est pas biodégradable. Aujourd’hui, seuls 40% des déchets plastique sont recyclés. Et tout le reste est enfoui, brûlé, ou jeté dans la Nature. Pire, ces 40% ne sont pas réellement recyclés, ils sont « down »-cyclés, c’est-à-dire qu’ils sont recyclés en des objets de moins bonne qualité. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, mais pour ceux qui ont le temps, je vous invite à lire un article récent de La Boucle Verte, qui illustre très bien la fausse bonne idée du recyclage pour les canettes en aluminium (matériau que j’ai toujours cru très facile à recycler !).

 

Principe n°3 : Se passer au maximum du plastique à usage unique en le remplaçant par du verre ou d’autres matériaux, ou penser à consigner les emballages pour réduire l’empreinte environnementale de l’emballage.

En conclusion

Face à ces constats, développer un circuit-court en direct producteur est devenu une évidence pour moi. L’axe fort de ce projet est de diminuer drastiquement les émissions carbones liée à la totalité de la chaîne d’approvisionnement, du producteur au consommateur.

Ekolo permettra donc de :

- préserver la biodiversité par la sélection de pratiques agricoles telles que l'éagro-écologie.

- Lutter contre le gaspillage en proposant par exemple une formule d’abonnement pour éviter tout gaspillage dû à des invendus.

- Limiter au maximum les dépenses d’énergie dû au refroidissement en raccourcissant au maximum la chaîne d’approvisionnement ;

- Limiter le nombre de kilomètres parcourus ;

- Restaurer le lien entre le producteur et le consommateur pour des modes de production toujours plus éthiques ;

- Limiter les emballages et éviter par-dessus tout le plastique à usage unique.

Maintenant que j'ai donné mon point de vue, je vous retourne la question : et vous, que pensez-vous qu'il faille faire en priorité pour lutter contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité ?

Christophe

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